lundi 28 mars 2011
jeudi 24 mars 2011
mercredi 23 mars 2011
oui...
PHILIPPE JACCOTTET
Un calme feu
Il faudrait d'abord montrer un territoire qui n'est qu'un grand désordre de pierres, comme à la suite d'un lointain cataclysme, et où marcher n'est pas toujours aisé.Toutefois, ce n'est pas un désert, car il y a là des oliviers et de la vigne, des pans de terre rose, des sentes dans les herbes folles et les plantes sauvages. Lieux rudes, peu amènes, mais d'une solide assise. Lieux nullement funèbres, mais sévères, dénudés, dont on se dit que, pour y vivre, il a fallu «s'armer de patience», se montrer frugal et endurant. Avec cela, un chaos partout couronné de beaucoup d'air, cuirassé de lumière.
in http://www.lieux-dits.eu/
Un calme feu
Il faudrait d'abord montrer un territoire qui n'est qu'un grand désordre de pierres, comme à la suite d'un lointain cataclysme, et où marcher n'est pas toujours aisé.Toutefois, ce n'est pas un désert, car il y a là des oliviers et de la vigne, des pans de terre rose, des sentes dans les herbes folles et les plantes sauvages. Lieux rudes, peu amènes, mais d'une solide assise. Lieux nullement funèbres, mais sévères, dénudés, dont on se dit que, pour y vivre, il a fallu «s'armer de patience», se montrer frugal et endurant. Avec cela, un chaos partout couronné de beaucoup d'air, cuirassé de lumière.
in http://www.lieux-dits.eu/
je croyais qu'il y avait deux possibilités...
... je n'avais pas envisagé qu'il y avait une sorte de troisième possibilité : le rien.
Eu les nouvelles hier, du destin qu'on réserve au poumon qui saigne...
Le Pr Lacombe de Paris pourrait envisager une énième embolisation, visiblement complexe et risquée des artères périphériques, ce qui aurait peut-être un bénéfice pour le circuit des poumons,
mais le résultat sur le saignement est si peu garanti, que ce serait inopportun.
Le Dr Corre, le pneumologue de Rennes m'a donc annoncé que la lobectomie, l'ablation de la partie souffrante du poumon, pourrait enrayer le phénomène. Que sur un sujet "normal" elle aurait déjà été envisagée,
mais que dans mon cas, elle comporte trop de risques (le coeur, le reste du poumon, l'hyper-vascularisation de ces zones rendent cet acte délicat chez moi).
Dans la balance actuelle bénéfice-risque, il faut mieux rester ainsi le plus longtemps possible que tenter l'opération.
Bon.
On va ingérer. Digérer. Et s'adapter.
Et rêver encore et toujours à l'équilibre précaire du corps...
Il y a peut-être d'autres chemins à trouver. Un mode de vie à ré-adapter, encore.
... ce printemps, on n'aura peut-être pas à le vivre derrière les vitres d'un hôpital ! et ça, c'est déjà beau...
Eu les nouvelles hier, du destin qu'on réserve au poumon qui saigne...
Le Pr Lacombe de Paris pourrait envisager une énième embolisation, visiblement complexe et risquée des artères périphériques, ce qui aurait peut-être un bénéfice pour le circuit des poumons,
mais le résultat sur le saignement est si peu garanti, que ce serait inopportun.
Le Dr Corre, le pneumologue de Rennes m'a donc annoncé que la lobectomie, l'ablation de la partie souffrante du poumon, pourrait enrayer le phénomène. Que sur un sujet "normal" elle aurait déjà été envisagée,
mais que dans mon cas, elle comporte trop de risques (le coeur, le reste du poumon, l'hyper-vascularisation de ces zones rendent cet acte délicat chez moi).
Dans la balance actuelle bénéfice-risque, il faut mieux rester ainsi le plus longtemps possible que tenter l'opération.
Bon.
On va ingérer. Digérer. Et s'adapter.
Et rêver encore et toujours à l'équilibre précaire du corps...
Il y a peut-être d'autres chemins à trouver. Un mode de vie à ré-adapter, encore.
... ce printemps, on n'aura peut-être pas à le vivre derrière les vitres d'un hôpital ! et ça, c'est déjà beau...
lundi 21 mars 2011
dimanche 20 mars 2011
peut-être, faudra-t-il...
se séparer
se séparer du mort
en soi
se réparer du sort
ainsi
arracher le trop vivant
l'ensanglanté sans sens
le trop sanguinolent
et l'offrir en pâture
au destin
amputant
s'offrir aux mains expertes
qui disent "là trop de vie"
et laminer l'espoir
des lendemains impassibles
découper le vivant
prendre dedans
jeter dans la poubelle
l'abandonner
sur un tas
d'immondices
et refermer
le vide
peupler le vide de rien
d'a-matérialité
faire le plein
d'un creux
et loger le fantôme
édifier le cercueil
du bout
de chair, de cher,
et sauver juste sauver
le reste
orphelin.
se séparer du mort
en soi
se réparer du sort
ainsi
arracher le trop vivant
l'ensanglanté sans sens
le trop sanguinolent
et l'offrir en pâture
au destin
amputant
s'offrir aux mains expertes
qui disent "là trop de vie"
et laminer l'espoir
des lendemains impassibles
découper le vivant
prendre dedans
jeter dans la poubelle
l'abandonner
sur un tas
d'immondices
et refermer
le vide
peupler le vide de rien
d'a-matérialité
faire le plein
d'un creux
et loger le fantôme
édifier le cercueil
du bout
de chair, de cher,
et sauver juste sauver
le reste
orphelin.
vendredi 18 mars 2011
jeudi 17 mars 2011
mercredi 16 mars 2011
leçon...

je sais, c'est un peu trash comme photo d'accueil...
est-ce que c'est le chaos vu par Freddy ?
Hervé mon frère me racontait hier, un reportage sur le Japon.
Un homme rescapé, qui sans savoir comment, a réussi à dériver des heures durant, sur le toit de sa maison, avant d'être secouru. Il témoignait qu'il avait vu sa femme, ses enfants, ses parents, son village, successivement disparaître sous ses yeux, tandis que lui dérivait sur son embarcation de fortune. Il n'avait pas de colère ou de sentiment d'injustice, il disait juste que c'était le destin, la force de la nature, des éléments et qu'on n'y pouvait rien. Et que si lui avait été sauvé, il avait le devoir de vivre et de reconstruire.
Myriam, ma tante, avec son petit accent de Colombie, ses yeux incroyablement brillants, après l'enterrement de Mémé, confiait à maman qu'il n'y avait selon elle, pas de mort injuste. (Simon son fils est décédé à l'âge de vingt ans, assassiné par les milices colombiennes). Que la mort était la seule chose tangible de notre existence, que tout en dehors de ça, n'était qu'aléatoire.
Il est des journées où on en vit cent.
samedi 12 mars 2011
Mémé s'en est allée...

cette nuit, ma grand-mère s'en est allée, et avec elle, mille questions que je me posais sur son histoire et sur la nôtre par voie de conséquence.
L'impression d'un immense gâchis, d'une vie à rater le vrai chemin qui menait à l'affection.
Une histoire trop absurde pour que chacun s'en sorte sans éraflure.
En symbolique chinoise, c'est dans les poumons qu'on loge les âmes disparues...
vendredi 11 mars 2011
je vole les mots de Fred... pour dire
"Le temps est curieux. Il est dorénavant court et long.
La pendule d'argent semble s'être arrêtée.
Il faut se laisser emmener, être patient.
Le monde médical est un autre monde.
Les valeurs, les croyances ne sont plus les mêmes.
On ne sait plus s'il faut faire entrer l'air du dehors ou faire sortir l'air du dedans.
On attend.
La seule certitude qui rend ce tout supportable, c'est l'amour.
Et ça, je crois qu'on en tient un paquet."
(extrait lettre-réponse à Odile, 10 mars 2011)
La pendule d'argent semble s'être arrêtée.
Il faut se laisser emmener, être patient.
Le monde médical est un autre monde.
Les valeurs, les croyances ne sont plus les mêmes.
On ne sait plus s'il faut faire entrer l'air du dehors ou faire sortir l'air du dedans.
On attend.
La seule certitude qui rend ce tout supportable, c'est l'amour.
Et ça, je crois qu'on en tient un paquet."
(extrait lettre-réponse à Odile, 10 mars 2011)
se replacer à l'échelle du monde...
J'apprends le séisme du Japon, avec la télé du voisin qui braille pour tout le service.
Je file voir le site du Monde.
Seisme de 8,9, jamais connu au Japon, tsunamis qui s'ensuivent et le Pacifique en alerte... on tremble pour vous,les âmes de l'Asie, de l'Océanie.
me sens si petite avec ma petite personne et mon petit cas d'humain...
Je file voir le site du Monde.
Seisme de 8,9, jamais connu au Japon, tsunamis qui s'ensuivent et le Pacifique en alerte... on tremble pour vous,les âmes de l'Asie, de l'Océanie.
me sens si petite avec ma petite personne et mon petit cas d'humain...
s o r t i e = y o u p i
La perf enlevée, pas la peine de rester faire la déco de la chambre 30, alors, zou, à la maison, au repos-po-po le plus complet et on attend les nouvelles de la suite à la maison, en début de semaine prochaine... en disant aux bronches d'arrêter de rougir comme ça !
Retrouver le petit endroit si confortable du cou, des bras de Fred, les calins des petites bêtes noires et RESPIRER...
Retrouver le petit endroit si confortable du cou, des bras de Fred, les calins des petites bêtes noires et RESPIRER...
...
On vient d'attacher le monsieur de la chambre d'à-côté parce que trop nu, il cherchait sa chambre et son armoire à vêtement pour se vêtir un peu.
A côté de moi, Marina femme ou enfant, je ne sais, pleure de sa pneumopathie, regarde les dessins animés à la télé et rêve de reprendre vite la clope.
Le Dr Corre m'informe qu'on va me déperfuser... que le repos calme tout-mais on ne peut pas vivre en ne faisant que ça- qu'on n'y échappera pas, à la lobectomie, tôt ou tard, mais pas dans l'urgence, parce que poumon trop fatigué, qu'on attend juste encore le magicien Lacombe pour savoir si de lui, un geste de fou-à-défi s'imaginerait ou pas ?
C'est calme et serein à l'intérieur, malgré ces bourrasques.
Ce n'est qu'appétit de vivre, de désir, de retrouver la vraie vie... qui, malgré l'envie de nous sauver tous coûte que coûte, n'est pas vraiment ici.
A côté de moi, Marina femme ou enfant, je ne sais, pleure de sa pneumopathie, regarde les dessins animés à la télé et rêve de reprendre vite la clope.
Le Dr Corre m'informe qu'on va me déperfuser... que le repos calme tout-mais on ne peut pas vivre en ne faisant que ça- qu'on n'y échappera pas, à la lobectomie, tôt ou tard, mais pas dans l'urgence, parce que poumon trop fatigué, qu'on attend juste encore le magicien Lacombe pour savoir si de lui, un geste de fou-à-défi s'imaginerait ou pas ?
C'est calme et serein à l'intérieur, malgré ces bourrasques.
Ce n'est qu'appétit de vivre, de désir, de retrouver la vraie vie... qui, malgré l'envie de nous sauver tous coûte que coûte, n'est pas vraiment ici.
jeudi 10 mars 2011
mardi 8 mars 2011
un nénuphar dans les poumons ?
Les bronches ont décidé de voir rouge, et nous c'est "nuit blanche" dans ces cas-là... alors, go, retour à la case du 22 novembre dernier, en service pneumo pour quelques jours, en scanner et en fibroscopie pour aller leur faire la nique, aux méchants qui ne me laissent pas de répit, et traquer la cause de leur emplissage intempestif !
Je voudrais descendre du wagon fou qui va, et le regarder passer, filer sans moi, au milieu des arbres et des pâquerettes...
Je voudrais descendre du wagon fou qui va, et le regarder passer, filer sans moi, au milieu des arbres et des pâquerettes...
samedi 5 mars 2011
tactique n°2 : finir les épreuves d'un feuilleté rose de 228 pages
« Marco ouvrit les yeux.
- Lison, où que tu sois, Lison tu m’entends !… c’est fini avec toi, FI-NI… Je ne sais plus à quoi tu ressembles, je ne sais même pas si tu existes encore. Mais qu’est-ce que j’attends, qu’est-ce que j’espère de toi ? hurla-t-il, à lui seul, dans la maison vide, la voix cassée par un réveil brutal.
Le chien quitta son tapis pour venir s’allonger à ses pieds.
- Je voudrais être amoureux, Tu voudrais être amoureux, Il voudrait (…) »
- Lison, où que tu sois, Lison tu m’entends !… c’est fini avec toi, FI-NI… Je ne sais plus à quoi tu ressembles, je ne sais même pas si tu existes encore. Mais qu’est-ce que j’attends, qu’est-ce que j’espère de toi ? hurla-t-il, à lui seul, dans la maison vide, la voix cassée par un réveil brutal.
Le chien quitta son tapis pour venir s’allonger à ses pieds.
- Je voudrais être amoureux, Tu voudrais être amoureux, Il voudrait (…) »
jeudi 3 mars 2011
tactique n°1 : Viser 36 vues de la montagne sacrée



Les trente-six vues du Mont Fuji par Hokusaï, pour 36 années, offert par Eloïse, "pour ne pas perdre de vue ma montagne sacrée !"...
Son œuvre influença de nombreux artistes européens, en particulier Gauguin, Van Gogh et Claude Monet, voire le mouvement artistique appelé japonisme. Il signa parfois ses travaux, à partir de 1800, par la formule Gakyōjin, « le Fou de dessin ». Il est parfois vu comme le père du manga, mot qu'il a inventé et qui signifie à peu près "esquisse spontanée".
Il laisse derrière lui une œuvre qui comprend 30 000 dessins. Sur sa pierre tombale il laisse cette épitaphe : "Oh! la liberté, la belle liberté, quand on va aux champs d'été pour y laisser son corps périssable !"
Juste sublime.
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