Doog Mc Hell

photo : Doog Mc Hell

samedi 10 avril 2010

the end... ?

Neuf mois, c'est le temps qu'il faut pour qu'un être se crée, pour qu'il soit amené, doucement mais sûrement, de l'ombre à la lumière, d'un monde à un autre, du connu à l'inconnu. Neuf mois, c'est le temps qu'il faut pour qu'il s'habitue à l'idée qu'il faudra en sortir, de ce monde en transit et voguer, voler de ses propres ailes... Neuf mois c'est neuf lunes et trois saisons, c'est la certitude qu'un petit monde de précieux existe tout autour, en mots et en soutien, c'est le temps d'une petite tranche de vie au jour le jour, partagée avec vous, et qu'il est temps, sans doute, de quitter, en disant au-revoir, adieu, hasta la vista le blog-reposoir, parce que c'est aussi par là-bas la vie...

lundi 5 avril 2010

c'est con, il m'intéresse pourtant ce Schopenhauer !...

"Les femmes sont comme des miroirs, elle réfléchissent mais ne pensent pas."

Arthur Schopenhauer

dimanche 4 avril 2010

"je est une autre"...

Vu aujourd'hui des gens pas vus depuis un, deux ans. Gentiment m'ont regardé de bas en haut, on s'est sourit, et les voilà de dire "comme tu as l'air en forme","tu as bonne mine", " ça va mieux alors, tes problèmes de santé "...
Envie de les suivre, d'attraper leur enthousiasme au vol, faire de la pâté pour mouches des trois derniers comptes-rendus reçus et d'annoncer tout sourire : "et bien oui, ça va beaucoup mieux, le coeur, le foie, les poumons, tout ça, ça roule, je suis guérie, g-u-é-r-i-e, oui, vous avez raison... et tout le reste est derrière nous, et nous n'aborderons plus jamais ce sujet de conversation, et la vie et l'avenir est désormais devant..."

Je me demande jusqu'où leur constat, à eux, à ces gens qui me détaillent dans ma simple présence et celui que je fais, certains matins, devant la glace, sur mon vélo, avec les miens, dans la vraie vie, jusqu'où ces constats-là ne seraient-ils pas aussi valables et tangibles et visionnaires que ceux des médecins qui détaillent juste mes viscères, après tout ?

Pourrait-il n'y avoir qu'une question de perception, de croyance et de mots dans tout cela ?

vendredi 2 avril 2010

L'âge héroïque de Michaux... pour Flo...

"Le Géant Barabo, en jouant, arracha l'oreille de son frère Poumapi. Poumapi ne dit rien, mais comme par distraction il serra le nez de Barabo et le nez fut emporté.
Barabo en réponse se baissa, rompit les orteils de Poumapi et après avoir d'abord feint de vouloir jongler avec, les fit disparaître prestement derrière son dos.
Poumapi fut surpris. Mais il était trop fin joueur pour en rien rien marquer. Il fit au contraire celui que quelques orteils de moins ne privent pas.
Cependant par esprit de riposte, il faucha une fesse de Barabo. Barabo, on peut le croire, tenait à ses fesses, à l'une comme à l'autre. Cependant, il dissimula son sentiment et reprenant tout de suite la lutte, arracha avec une grande cruauté unie à une grande force la mâchoire inférieure de Poumapi.
Poumapi fut agréablement surpris. Mais il n'y avait rien à dire. Le coup était franc, il avait été exécuté en face, sans tricherie aucune. Poumapi essaya même de sourire, ce fut dur, Oh! ce fut dur.
L’extérieur ne s’y prêtait pas, l’intérieur non plus. Il ne s’attarda donc pas à cet effort, mais suivant son idée, il reprit la lutte, visa le nombril, défonça l’abdomen, et par le trou entreprit d’introduire le pied même de Barabo, qu’il parvint à tordre d’abord puis à immobiliser dans la plaie comme une borne.
Barabo se trouva surpris.
Son équilibre sur une seule jambe sans orteils laissait bien à désirer. Mais il n’en témoigna rien, fit celui qui est à l’aise, qui a des appuis partout, et attendit.
A ce moment, Poumapi, qui avait presque gagné, commit une grande faute. Il s’approcha.
Alors, comme une flèche, Barabo plongea, fut sur lui, lui démit un bras, s’accrocha à l’autre, le démit pareillement, et s’effondra d’une chute si savante sur le malchanceux Poumapi qu’il lui brisa les deux jambes.
Couchés corps à corps, pareillement exténués, et accablés de souffrance, Poumapi et Barabo essayaient vainement de s’étrangler. Le pouce de Poumapi était bien appliqué au cou, mais les forces pour serrer efficacement lui manquaient.
Les mains de Barabo étaient encore assez nerveuses, mais la prise était mauvaise, il serrait inutilement le cou de Poumapi.
Devant ce comble de circonstances adverses le cœur des deux frères faillit, ils se regardèrent quelques instants avec une grandissante indifférence, puis, se retournant chacun de leur coté, s’évanouirent.
La lutte était terminée, du moins pour aujourd’hui."

"L'âge héroique", dans La Nuit remue, d'Henri Michaux.

des poissons d'avril...

Des poissons d'avril jaunes, rouges et bleus, collés hier matin par les petits de la crèche, sur nos maisons, dans toute la rue... la journée n'aurait pu être qu'une farce ! Mais non, la caboche n'a pas fait sa maligne, et n'a rien révélé aux intrusifs rayons X. Oufoufouf...
C'est fou comme l'absence d'une mauvaise nouvelle devient aussi efficace que l'annonce d'une bonne !

jeudi 1 avril 2010

choisir son hémisphère... ?

Si on pouvait... je choisirais bien l'hémisphère droit de mon cerveau. Son dedans serait peuplé de l'odeur de la térébenthine, retrouvée hier dans ce petit coin du garage, du petit livre rose-amoureux-de-rien-du-tout quand même feuilleté de long en large, de toutes les pensées-amies, de la mésange dans le nichoir, du magnolia qui fait son crâneur, de la maquette de "Déraciner les impatiences": ce devenir-livre, avec Gwen en poèmes et quelques encres d'oiseaux sans ailes. Y aurait aussi de la "valse triste" sous les doigts d'accordéon de Monia, du fitness version hôpital sud, des soirées de craquins, des bras de Freddy...
L'hémisphère gauche... le scanner de ce soir va nous rassurer, sans doute... et nous dire que non, il n'est pas peuplé que des douleurs intermittentes, fidèles et suspectes, ni seulement des propos du grand Pr Jégo qui ne croit pas à l'équilibre précaire, ni de Jean-Marc, hier, en chaussons à l'hôpital, avec la morphine doublée, ni des parts de nos vies parfois si rudes...
Je trace un chemin, dessine un pont entre les deux, j'y mets un éléphant qui fait du trampoline, les mots des poètes, le soleil de Nouméa, l'humour de mon Philo, la confiance, je fais de la peur un feu d'artifice, j'y ajoute un cours d'eau, pur et sans algue verte, des poissons multicolores et ça y est. Ca penche moins, non ?