Doog Mc Hell

photo : Doog Mc Hell

dimanche 29 mai 2011

y a-t-il un âge pour la révolte ?



by SIGUR ROS

... pour ma fête des mères... (hum, je sais, c'est nul !)



J'ai décidé de compter les mots que comprenaient Luchienne. Je me dis que ça intéressera peut-être un poète fou de listes nommé Bernard Bretonnière ou un éthologue spécialiste de la communication animale. Malgré le pathétique de cette liste, à la fois inutile et composée d'une majorité d'impératifs atroces qui en disent long sur notre illusoire supériorité d'humain, je suis drôlement fière parce que j'en compte pas mal, n'empêche, pour un petit canidé noir et poilu. Les voici : Lulu, Luchienne, Luche, Loulouchia, Loulouchia-mi-amor-ménard-rapin, tapis, collier, laisse, pro-me-ner, on va se promener, brosse, brosser, viens te brosser (martine), va chercher un bâton, ballon, frisbee, chaussette, hérisson, où il est hérisson, t'as perdu ta chaussette, t'as soif, le méchant (c'est l'aspirateur), n'ai pas peur du méchant, fais ta commère, trouve un bout de bois, c'est rien, pissouille, fais ta pissouille là, on va au cinéma travailler, voiture, grimpe, viens là, viens là (encore 5mn après), viens là (10 mn plus tard), tu gardes la maison, fais pas la tête élisabeth, doucement, tu cours, pas japper, pas japper sur les gendarmes, pas aboyer, viens faire un câlin, tu sautes, Georges, chat, oh t'as vu, un chat, non pas courir après le chat, oreilles, t'as mal à l'oreille, patte, donne ta patte, chut, écoute, tu entends, cherche, Nouba, ta maman Nouba, Lulu ton père est mort, il s'appelait Beethoven, tu fais une léchouille, gratte, grattegrattegratte (pratique pour faire des gros trous dans le sable),on va faire un tour, tes croquettes, ta gamelle, des crêpes, on va faire des crêpes, du poulet, tu vas manger du poulet chez Louis et Marie, tu restes là, pas bouger, j'ai mis une crêpe dans ta gamelle, t'es belle, t'es un bon chien Lulu...

vendredi 27 mai 2011

reculer sans régresser

Bon, parfois il faut savoir revenir au début pour repartir sur d'autres bases... La cicatrice, après des nuits douloureuses qui ressemblaient fortement à celles du tout début, a décidé de se réouvrir en un point. (Je ne savais pas que mon talon d'achille était caché dans ce raccommodage de dos !) Voulait-elle pleurer et laisser enfin s'écouler quelques larmes emprisonnées là ? Sans doute... Toujours est-il que ce matin, fallut-médecin-pansement-hôpital de jour-prise de sang CRP-attente avis de chirurgien spécialiste- scanner ?-plèvre à surveiller aussi-et trouille-et découragement-et titillage de plaie- mais pas de fièvre-chirurgien confiant- mon sourire qui veut rentrer auprès de Fred- scanner annulé-on rentre dans son lit-on surveille juste de près-on repasse aux jolis pansements- on souffle- on arrête de pleurer comme un bébé- on dit ouf.
Juste un endroit qui avait besoin de plus de temps...

bain d'amour calédonien...

Ils sont venus, les cagous, les margouillats, pointer leur nez du Pacifique dans ce printemps improbable, au détour d'un séminaire de travail pour les uns, ou d'un vol un peu fou mais impérieux pour les autres ! Gildas, puis Anne, Odile et Gilles, en France, juste quelques jours, qui en compteront bien plus... Les voir cueillir les cerises, s'enthousiasmer de la nature luxuriante, acheter des pêches, jouer avec Luluche, avoir froid quand ça descend à 21 degrés, et surtout... pouvoir les serrer dans les bras, après le déluge vécu... eux, à qui, la veille de l'opération, je pensais en me disant "si jamais l'aventure tournait mal, comment feront-ils avec cette distance". Cette distance, cet hémisphère, ce demi-monde qui nous sépare : ils lui rient à la barbe, superbement. Des oiseaux, oui.

dimanche 22 mai 2011

joyeux voisinage...

Hier, c'était la fête des voisins. Et c'est la deuxième année qu'on fête notre rue st vincent ferrier, à force d'apéros maison, de barbecue collectif et de partage de gâteaux.
Ce qui me plaît le plus, c'est de voir Carole la lycéenne qui tchatche de plongée sous-marine avec Annick qui raconte le 4 août 44 avec l'arrivée de Patton et son armée à Adélaïde qui prépare son gala de patinage artistique pour y inviter Henri et François, qui, préposés aux grillades n'en disent pas trop de leur amour pour Chopin ou le vélo à Pascal qui raconte les rumeurs des changements immobiliers devant Régine qui invite Brigitte à voir sa crédence de cuisine en mosaïque mais qui s'intéresse à Raoul dont Françoise sa femme vient de nous apprendre qu'il aime sculpter le bois tandis que Louise dit à sa grand-mère Bénédicte que ce sont les sirènes qu'elle préfère dessiner, alors que Jean circule avec la Vodka de ses amis polonais devant Lydie qui propose un pâté aux algues...
Brassage, mon amour...

comprendre, apprendre...


"Du drame opératoire, le malade ne connaît jamais que la longueur de la cicatrice."
Pierre Nora

Je n'avais jamais appréhendé cela vraiment, la "cicatrice", ou alors, enfant encore, avec un coin de cheminée sur le front, une chute à vélo sur le coude, un feu grain de beauté sur la cuisse, mais pas ça, non. Pas la peau et la chair incisées ni le dos coupé jusqu'aux viscères, jusqu'aux côtes, ni les agrafes et les fils de drains. Et c'est idiot, mais ça stagne là, le chagrin, la souffrance, le ras-le-bol, le trop-plein... dans cette grosse ligne raccommodée quand chaque matin, chaque soir, avec la délicatesse d'une fée, parce que je ne peux y accéder complètement seule, Fred se doit de désinfecter puis masser la plaie.
Pourquoi donc est-il ici le point sensible de l'aventure ? Pourquoi stagne-t-il dans ce qui est le spectacle de sa réparation, la fermeture du rideau du drame traversé, la bouche cousue des maux indicibles...

J'ai envie de peindre des dos, des dos bien lisses et bien faits, des dos épargnés qui forcément, porteront, parleront d'autres souffrances, mais pas de celle-ci...

jeudi 19 mai 2011

je voudrais adopter les moutons d'Ecosse de Manu et les chatons normands de Flo...



Besoin de douceur, de moëlleux, de cocon, de câlins, peut-être ?

mercredi 18 mai 2011

la vie nouvelle

La vie nouvelle s'apprivoise, au milieu du bonheur, des siens, du jardin, du cocon, de l'incroyable envie de re-goûter à tout, du miracle d'en être là, déjà là, aujourd'hui, 16 jours après cette veille de saint Philippe. La vie nouvelle s'apprivoise avec le nécessaire retour de la copine morphine et les jongleries acrobatiques entre les prises, parce que aïe, ça fait mal dedans, oui, un mal jamais connu, inédit mais dicible. La vie nouvelle s'apprivoise entre les agrafes, les fils enlevés, la douceur des infirmières, impressionnées du chantier de ces 36 années. La vie nouvelle s'apprivoise avec la possibilité de s'allonger sur le dos sans gémir et dormir, enfin, en oubliant la, les cicatrices belles et pas belles, sillons d'histoire personnelle, à jamais là. La vie nouvelle s'apprivoise, avec le retour du souffle dans la cage thoracique, un peu plus fort chaque jour, entre les pas, entre les phrases qui arrivent doucement à leurs fins sans nécessaire lapée d'oxygène en leur milieu, avec le poumon qui gentiment se recolle et me laisse du répit de surveillance. La vie nouvelle, forcément, en forces et en fragilités, en amputation et en valeur ajoutée...

oui !

Reprendre pied, peu à peu, avec la réalité, la vie qui bat, certes un peu destroy, dévastée, douloureuse, désépaulisée... mais terriblement vivante !

samedi 14 mai 2011