


J'aurais aimé connaître cette femme, photographe, dont le journal écrit avant sa mort est un coup de poing, j'aurais aimé la connaître, comme j'aurais aimé connaître Frida Kahlo, Lucie Aubrac, Séraphine de Senlis, Aung San Suu Kyi, ma grand-mère...
Qu'ont-elles en commun, me questionne-je... Je pense d'abord à leur souffrance, et me voilà de conclure encore à ma fascination morbide pour la blessure et le pathos... mais non, en y cherchant bien, par-dessus tout, à travers leur art, leur photographie, leurs peintures, leurs engagements, leurs résistances, c'est la lutte, bien vivante qu'elles ont menée (qu'elle mène encore pour l'une d'elle), qui me fascine.
« Il me fallut une maladie mortelle, ou répertoriée comme telle, pour guérir de l’envie de mourir. De la manière la plus oblique, organique, lente, j’ai inventé, en quelque sorte, ma maladie ». (Alix-Cléo Roubaud dans "Journal", Seuil.)