
Après Mélan, il y a deux ans, c'est au tour de notre Maël, à tout juste 18 ans, de traverser cette demie-terre pour nous arriver ici, sur ce sol qu'il n'a jamais connu en été, afin d'envisager ses études supérieures. Déployer ses ailes de grand condor, apprendre l'adaptabilité, quitter Odile, Gilles, les amis, pour tracer sa route, son destin en écrivant une page toute neuve... Maël petit , qui comme Mélan, ne supportait aucune chaussure, encore moins de pull en laine, arrivé ici. Maël qui allait toucher les jambes noires des occidentales en collants, trouvant que la couleur de leur tête n'allait pas avec leurs jambes. Maël qui, pour parler d'une amoureuse japonaise, pouvait décrire des heures la forme de ses yeux, Maël et ses blagues inoubliables, avec ce petit accent de kanakie bien à lui, Maël qui regrette de jouer du piano, parce que la guitare, c'est mieux pour charmer les filles... Il y a eu là-bas pour Maël, la coutume du départ, ces derniers jours, le rite de passage à l'âge adulte, effectué par les amis kanaks. Je regrette parfois que nous ne sachions pas faire de rite de bienvenue ici, savoir dire, poser, penser les mots qui accueillent... Les retrouvailles avec Mélan, la bretagne en juillet, la soupe de Louis, les cousins qui projettent, la vie nouvelle d'étudiant, notre amour familial... Bienvenu à toi notre Coco.