je vois plus trop l'écran... je vois plutôt le bout de chemin parcouru, un peu flou, mais bien réel...
on l'a fait, ce foutu traitement, jusqu'au bout, jusqu'à la dernière goutte, sans dommage notable,
ça y est,
la sixième du nom est passée, me laissant seulement capable d'aller... jusque dans les bras de Morphée...
pour revenir, là, une heure plus tard, un peu plus pimpante et vaillante.
J'ai envie de pleurer, de faire la fête, de dormir, d'exploser, de me recroqueviller, de vous embrasser, de mettre au loin cette odeur, ces bidons, ces trajets sncf, ces grilles d'épistaxis, ces migraines, ces papiers de sécu, ces veines bleutées, ces heures d'apathie, cette observation nombrlliste, ce trop fréquent sujet de conversation...
La molécule du bevacizumab a une demie-vie de 15 jours.
C'est-à-dire que la moitié de son efficacité dure dans le corps pendant un demi-mois. Et l'autre moitié, j'ai demandé ?
... pas de réponse... sans doute pour le reste de l'existence. Son histoire avec moi n'est donc pas finie, pas tout de suite... mais voilà, envie de dire, bye-bye les hamsters, et merci.
pendant bévasix, je lis Olivier Aulry, "un reposoir à la caresse des ombres", et ce texte:
RépondreSupprimerPar un dimanche de novembre
(...) la caresse des ombres, le vent bouffant et frais - comme si écrire me révélait ces présences au vol fluide et discret, et leur faisait un petit reposoir où elles puissent s'attarder un instant pour rayonner"
je me dis "tiens, mais il parle du blog de Cécile!!!, un reposoir, oui, c'est bien ça!"
et des larmes dans les yeux aussi, de tout ce chemin parcouru, et de ce que tu nous partages, incroyable Cécile...
A l'instant où je te lis,
RépondreSupprimerMick-est-tout-seul fredonne cet air là
"Si tu tombes, je tombe avec toi
Si tu t'endors, je veille
Si tu plonges, je plonge avec toi
Si tu t'en vas, je vais..."
et à vous deux vous me transpercez,
c'est drôle Cécile ce don que tu as
de nous parler directement au coeur,
de ne pas passer par les oreilles
mais de tomber, là, directement,
là où c'est le plus fort le plus intense,
et d'y laisser tes échos.
Pour le reste de l'existence, oui.
nombrilisme? Hé! Ho!
RépondreSupprimery'a pas l'droit de dire des gros mots
Aurais-tu le 3ème oeuil chère Cécile, pour nous parler directement au coeur, comme la si bien dit louise.
RépondreSupprimerPourvus qu'après ce traitement,la colonie des mots hospitaliers devienne la colonie de vacance...
Je me sent proche de vous en ce jour pluvieux sur Marseille...Comme c'est bizard.
Was es ist
RépondreSupprimerEs ist Unsinn
sagt die Vernunft
Es ist was es ist
sagt die Liebe
Es ist Unglück
sagt die Berechnung
Es ist nichts als Schmerz
sagt die Angst
Es ist aussichtslos
sagt die Einsicht
Es ist was es ist
sagt die Liebe
Es ist lächerlich
sagt der Stolz
Es ist leichtsinnig
sagt die Vorsicht
Es ist unmöglich
sagt die Erfahrung
Es ist was es ist
sagt die Liebe
Erich Fried
Ce qu’il est
Il est absurde
dit la raison
Il est ce qu’il est
dit l’amour
Il est une calamité
dit le calcul
Il n’est rien que de la peine
dit l’angoisse
Il est désespérant
dit l’intelligence
Il est ce qu’il est
dit l’amour
Il est ridicule
dit l’orgueil
Il est étourdi
dit la prudence
Il est impossible
dit l’expérience
Il est ce qu’il est
dit l’amour