Doog Mc Hell

photo : Doog Mc Hell

samedi 22 août 2009

l'odeur des vacances à l'hôpital ou de l'hôpital en vacances ?

Rares les vacances où on ne va pas faire un tour à la pharmacie, chez le médecin, à l'hôpital ou en rapatriement sanitaire... du coup, Christine, mon adorable jolie belle-soeur conseille souvent aux gens de partir en vacances avec moi, car, à coup sûr, il ne leur arrivera rien, c'est moi qui attraperai !
Ca n'a pas marché comme ça cette fois, et c'est Mélan qui a trinqué. Je l'ai remercié de tant de dévouement, mais j'aurais préféré, je crois, avec mon entrainement hyper au point de malade de fond, pouvoir un peu trinquer à sa place...

mardi 18 août 2009

partir avec les jicky

Partir quelques jours avec eux, savourer les vents de Nordé, dormir sous la tente des rires et des lampes de poche qui font même plus peur, se baigner de leurs délires adolescents qui ne dureront qu'un battement de cils et hop, ils seront trop grands. Sortir les voix, les instruments de cette famille de manouches-caldo-bretons et chanter à la veillée des carnets de chants, nos tubes vieillots qu'ils connaissent par coeur. Partager le quotidien du réchaud et des chips à pas d'heure, des ongles peints et des massages de mains, parler de livres et de ciné et de musique et d'amour. Les aimer, inconditionnellement, comme les miens. Les miens d'ailleurs. Se sentir vieille tout à coup et aimer ça...

dimanche 16 août 2009

pour la voisine qui nous a fait arracher le céanothe parce que ses fleurs tombaient parfois chez elle...

"Si chacun s'occupait de reprendre sa place dans la nature,
c'est-à-dire "à côté de" et "avec", peut-être notre univers atterré
se déciderait-il enfin à sortir de sa tanière pour nous apprendre
à respirer"

Mimy Kinet

samedi 15 août 2009

comment réapprivoiser son violoncelle ?

extrait du roman en chantier :

"Jean se réveilla en sursaut et en nage. Il venait de vivre en rêve une scène insoutenable : la caisse de son violoncelle était jetée par-dessus bord par Anna du haut d’un bateau, en pleine mer. Une mer noire et polluée. Il visualisait sa chute dans les fonds saumâtres, voyait la caisse s’ouvrir pour laisser s’échapper l’instrument. Avec l’eau, celui-ci se gorgeait de liquide, gonflait et éclatait en milliers de morceaux de bois. Le téléphone sonna à cet instant précis."

jeudi 13 août 2009

vie de don

Aujourd'hui c'est "don du sang" pour Fred. Le centre de transfusion l'a appelé sur son portable, parce qu'ils doivent anticiper la grippe A... Tout frais rasé, parfumé, l'humeur généreuse et créative, je le vois partir faire cet acte, qui depuis mai 2008 ne sera plus jamais anodin pour nous. Est-ce que celui, celle, qui recevra cet or rouge sentira aussi son parfum, sa fraîcheur, ses pensées pleines et pourra s'enrichir de la vie qui coule en lui, là, si intense. Je n'en doute plus.

mercredi 12 août 2009

Jean-Marc

Matinée de perfusion. Jean-Marc, mon acolyte de tubulure m'annonce son nouveau projet. Depuis 4 ans que nous nous connaissons, dans les salles d'attentes de l'hôpital, Jean-Marc m'annonce, presque chaque saison son nouveau projet. Ancien chef d'entreprise, terrassé à 40 ans par une porphyrie aiguë qu'on a tenté de traiter avec du normo-sang, lequel a non seulement foiré, mais a rendu son foie dépendant de cette substance, il est contraint de venir chaque semaine à l'hôpital pour cette perf merdique qui le soulagera quelques jours, contraint de changer ses patchs de morphine toutes les 72h...
Un nouveau projet, c'est bon signe, je me dis. Depuis 6 mois, c'était pas vraiment la forme...
Alors, un nouveau projet immobilier ? Des panneaux solaires ? Une serre pour son jardin ? Un complexe locatif ?
"Non, me dit-il, un projet vraiment pour moi... "
"Je vais apprendre à voler". Je le regarde : ses jambes qui marchent avec la souplesse d'un robot, son corps engourdi de douleurs de toutes sortes, et ses yeux bleus comme le ciel.
"Comme l'hélico ne m'a pas été autorisé, ce sera l'ULM. "
Et je pense à ce cheval sauvage qui gambade dans une course folle, au milieu des coureurs cyclistes dans Amélie Poulain, et je me dis... c'est tellement ça, la vie...

mardi 11 août 2009

les vertus poilues

Chaque matin, durant cet été, levée de bonne heure. Encore ensomeillée, d'une nuit passée à maudire cette hanche rétive, un café à la main, je viens à la table de travail, tenter d'écrire de nouvelles pages du roman amoureux. Le temps d'allumer l'ordinateur et je me vois soudainement entourée, équipée, parée, de deux acolytes de choc, noirs et poilus : Luchienne, sous le bureau, vient poser son museau sur mes pieds nus, une léchouille au passage. Tandis que Georges monte sur le bureau et s'installe à la gauche du clavier, en statue égyptienne, son regard vert transparent tourné vers la lumière. Perles du quotidien, qui me font penser que c'est ce qui manque le plus à un hôpital, une maison de retraite ou de repos : cette douceur animale, cette tendresse-là, poilue, certes, mais tellement inconditionnelle et généreuse.