- Alors... Je n'ai pas eu le temps de regarder votre dossier, mais, rien à signaler ? Pas d'antécédents médicaux ? Vous n'avez pas de maladie particulière ? a demandé l'anesthésiste aujourd'hui, en prévision de la collooscopie.
- Euh...
Et si on ne lisait rien du dossier, et qu'on faisait "EFFACER" les comptes-rendus et la mémoire depuis ce jour de novembre 1991 où tout a commencé à s'écrire dans ce corps et ce dossier ? Si on faisait ça aujourd'hui, qui serais-je ?
Je ne m'épancherais pas sur un blog en pensant que "c'est par là la vie" qui se dit...
Je n'aurais pas vu mes parents terrassés et ma famille faire bloc, je n'aurais pas arrêté ma "carrière" de sportive, je n'aurais pas vendu ma clarinette, je n'aurais pas fait du théâtre pour compenser, je n'aurais pas joué Michel Azama, je n'aurais pas perdu de vue autant de copines, je n'aurais pas seulement gardé les essentielles, je n'aurais pas pu passer autant de temps à draguer Freddy, je n'aurais pas tenté Lettres Sup, je n'aurais pas abandonné Lettres Sup, je n'aurais pas essayé de jouer Bilitis sur un synthétiseur, je n'aurais pas ri avec Fred de le jouer si mal, je n'aurais pas écrit de poèmes nazes, je n'aurais pas été aussi passionnée de philo, je n'aurais pas eu Cachou dans les bras, je n'aurais pas vu Lille avec maman, je n'aurais pas fait de tourisme hospitalier, je n'aurais pas eu si mal, je n'aurais pas trouvé autant de goût au bonheur, je ne boiterais pas, je n'aurais pas eu le privilège de me garer sur les places handicapées et de rentrer gratos au musée, j'aurais six ou sept enfants, je n'aurais pas autant dévoré de tous mes sens mes dix-huit neveux, je ne saurais pas ce qu'est la peur de mourir vraiment, je ne serais pas aussi fascinée par les arbres, je n'aurais pas trouvé autant d'âmes-soeur, j'aurais encore un cloison nasale, je n'aurais jamais su ce que signifiait vraiment l'expression "se vider de son sang", je n'aurais pas autant lu, je n'aurais jamais reçu l'ultime secret de Josette en héritage, j'aurais encore des veines, je n'aurais pas essayé, ni rencontré la peinture, je ne connaîtrais pas le Bévacizumab, je n'aurais jamais eu de poules ni de poussins, je n'aurais pas arrêté le travail, je n'aurais jamais su ce que c'est de dire "invalide" à la case "profession", je n'aurais pas lu tous les Marie-Claire chez Madame Zinzin, j'aurais encore deux poumons, je ne saurais pas le bien-être de la piscine, je n'aurais pas écrit de romans à l'eau de rose, j'aurais un coeur de trentenaire, je ne tiendrais pas autant à la vie, je ne lui en demanderais pas tant, je ne serais pas bénévole, je pourrais prendre tous les avions du monde, je rêverais de ne plus travailler pour pouvoir écrire et peindre, je n'aurais pas tout ce temps pour admirer Freddy...
Juste te dire que je suis passée par ici ce matin. Et te sourire. Emmanuelle
RépondreSupprimerEt tu n'aurais peut-être pas toute cette humanité en toi, cette facilité à regarder au dedans des autres... Tu ne serais peut-être pas Cess en fait. Moi, je t'aime comme ça, autant qu'avant novembre 91 en tout cas.
RépondreSupprimerpas vraiment une réponse à ta question, mais une certitude : sans toi et votre bagage, je n'aurais jamais compris la théorie de la relativité...
RépondreSupprimerdes baisers,
Pierre
PS: il y a des oies cendrées au-dessus de Careil. Plein...
Le fameux "et si...?"
RépondreSupprimerTu l'écris bien, comme à ton habitude.
Et on les lit bien, tes mots. très bien.
C'est par là, la vie....
très très émue par ton "et si..." ma douce soeurette... Et l'on pourrait encore compléter cette liste par...
RépondreSupprimeret tu ne m'aurais pas fait aimer la poésie, et on n' aurait pas eu une famille si soudée et disponible, et on n' aurait pas appris à se parler vraiment sans avoir peur d'être jugé, et on n'aurait pas découvert en chacun de nous cette sensibilité qui nous submerge parfois....
Je t'aime grand comme ça et pour ça!
Louma
De cette longue liste lue hier midi avant de trottiner et de voler d'entre les airs nocturnes de Montsabert & Berlin,
RépondreSupprimerc'est
"je n'aurais pas trouvé autant d'âmes-soeur"
qui m'est resté accroché dans la tête,
quand je frôlais la lune à travers la lucarne de l'avion,
c'est à ça que je pensais,
à tes âmes-sœurs,
au dessus des nuages comme un océan de poussière,
je me disais
Oui, de mon bout du monde, c'est bien cette sensation là précise que j'ai de Cécile, cette image là sonne tellement juste, l'image d'une dame et de toutes ses âmes-soeurs.
Plus que tout le reste, c'est l'idée que j'ai de toi.
Entre les rires et les frissons, à travers les envols et le poids de la vie, les reflets de toi sont toujours plein de lumière,
et si, cette lumière, elle était déjà là, bien avant 1991 ? Ancrée en toi, comme une étoile tenace, peu importe le ciel.
très touchée par ton message ...si ...
RépondreSupprimerma maison ne rayonnerait pas des si belles toiles d'Elice ... chaque instant de vie en famille n'aurait pas la même "couleur"... les enfants n'auraient pas une "tata" si disponible pour leurs petits chagrins ... je n'aurai pas découvert la poésie les expos et tout et tout ... il y a tant de choses que je n'aurais pas compris de la vie ... merci à toi d'être là avec ton histoire ton parcours tes petits et gros chagrins ton goût incroyable de la vie ...
plein de pensées ....
"Et pourtant il nous reste de cette chair les arêtes de tant d'élancements
RépondreSupprimerQue faire d'une lumière qui ne peut rien être que lumière?"
Lorand Gaspar dans "le quatrième état de la matière"
Et c'est ce que dit Louise: La Lumière (hé Luciole!),elle était là AVANT!
Et si je n'étais pas allée sur ton blog ce soir, je n'aurais pas lu cette "si" belle histoire d'amour de la vie...
RépondreSupprimerOuf!!!
Bon ...cela fait au moins dix ou vingt fois que je lis ce poignant texte et je me dis "j'ai envie de répondre...mais je ne sais pas ce que je peux dire".
RépondreSupprimerBref les mots ne sont sans doute pas suffisants alors j'attends de te serrer dans mes bras pour juste te dire "si tu n'étais pas là...il me manquerait TOUT". Dilou