la colombe de ma grand-mère
j’avais huit ans, dix ans
blanche, immaculée,
de la couleur de ses longs vieux cheveux
ramassés par mille pinces en chignon élégant
la colombe,
depuis toujours, depuis 1000 ans sûrement,
là, dans le deux-pièces HLM,
« tourterelle » disaient ceux qui n’y connaissaient rien
(pourtant blanche comme du lait !)
dormait, souriait, roucoulait sur la tête ou l’épaule de ma grand-mère,
(la cage, très peu pour elle, sauf lorsqu’on sonnait à la porte)
volait de la cuisine à la chambre, de la chambre au couloir,
la colombe
pas ma grand-mère
ma grand-mère n’avait pas d’ailes
quoique…
et rien ne me semblait plus évident, plus pertinent, plus sensé
qu’avoir pour compagnon
de rire, de peine,
de loto, de tricot,
un oiseau
une oiselle
blanche
ma grand-mère qui
avait traversé
les deux guerres,
perdu père et homme d’éclats d’obus,
vu partir les fils pour l’Algérie
le reste de sa vie
l’avait passé
avec pour locataire, pour confidente, pour amie,
la seule colombe
que je connus
qui sentait la lavande et l’eau de Cologne …
que d'émotion en te lisant ...elle est si présente à travers tes mots ... le plus bel hommage qu'on puisse lui rendre ...merci mille fois ... monia
RépondreSupprimerun plaisir de ré-entendre cette histoire là...d'aimer cette grand-mère-sa colombe-avec toi...et de se dire que oui, pour ça, les oiseaux!
RépondreSupprimerCette colombe....était une merveilleuse compagne pour une toute aussi merveilleuse grand-mère.... Faites pour être ensemble, pour s'envoler ensemble.
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