
"Du drame opératoire, le malade ne connaît jamais que la longueur de la cicatrice."
Pierre Nora
Je n'avais jamais appréhendé cela vraiment, la "cicatrice", ou alors, enfant encore, avec un coin de cheminée sur le front, une chute à vélo sur le coude, un feu grain de beauté sur la cuisse, mais pas ça, non. Pas la peau et la chair incisées ni le dos coupé jusqu'aux viscères, jusqu'aux côtes, ni les agrafes et les fils de drains. Et c'est idiot, mais ça stagne là, le chagrin, la souffrance, le ras-le-bol, le trop-plein... dans cette grosse ligne raccommodée quand chaque matin, chaque soir, avec la délicatesse d'une fée, parce que je ne peux y accéder complètement seule, Fred se doit de désinfecter puis masser la plaie.
Pourquoi donc est-il ici le point sensible de l'aventure ? Pourquoi stagne-t-il dans ce qui est le spectacle de sa réparation, la fermeture du rideau du drame traversé, la bouche cousue des maux indicibles...
J'ai envie de peindre des dos, des dos bien lisses et bien faits, des dos épargnés qui forcément, porteront, parleront d'autres souffrances, mais pas de celle-ci...
non, pas de chagrin...Rends-toi compte (!):20 jours seulement, 20 jours, un lundi justement...Souviens-toi, les petits bobos dont tu parles: les bleus, les bosses...une dizaine de jours pour que ça guérisse....alors là....20 jours...te demander encore de la patience à toi qui en a tant fait preuve...pas de chagrin, non.
RépondreSupprimer"Dormir de joie au bruit du soleil" écrit je ne sais plus qui, c'est ce que je voudrais pour toi, et tu te réveillerais, souffrance disparue, juste un mince sillon nacré sous l'épaule...
Non, finalement, pas dormir, t'entendre dévaler l'escalier l'autre jour fut un bonheur immense!